ÉPILOGUE


Nous nous imaginions mourir engouffrés dans une
fin du monde, mais disparaîtrons plutôt comme on
quitte le bureau pour aller en vacances.

Aujourd’hui en oubli de nous-mêmes avec pour
seule image un reste d’être, ce vieux manteau fan-
tôme, de plus en plus nous nous rangeons du côté
des chevaux des villes et des corbeaux, compagnons
de miettes ou de caresses.

Nous devenons le peuple du bord de chemin,
celui du décor, de la faible brise qui un instant fait
bouger le rideau et qu’aussitôt on néglige, repousse
au creux du souvenir.

Ne plus s’appartenir et bientôt disparaître avec le
monde, emportant nos miettes et, peut-être, une
dernière caresse.

Référence bibliographique

Stéphane Picher, « Épilogue », Retour sur terre, Autoportraits animaliers, éditions du passage, 2024, p. 63.

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